Chapitre 12 : Dieu écrit droit avec des lignes courbes, Deuxième Partie, b

PDV externe
Passé
Dans la prairie règne un silence de mort. Et c’est exactement cela le but de cette chasse : la mort de la proie. La meute connait cela par cœur ; traquer, débusquer, rapporter.
C’est un enchainement infini. Le chasseur ajuste et vise. Et le tour est joué.
Aujourd’hui cependant, les chiens ont du mal à trouver le renard. Il est rapide et se faufile dans chaque tanière possible. Un lévrier suit une trace toute fraîche vers le sous-bois, mais les autres restent avec le Maître. Traquer, débusquer, rapporter. Le chien renifle, s’avance vers un buisson. Il se stoppe, attend, ne respirant que très doucement. Il se fait oublier et même les oiseaux recommencent à chanter. Fox, lui bouge dans le buisson. Ca le pique, le gratte et ses pattes sont toutes engourdies ; il veut sortir mais a peur de se faire prendre. Spox le lévrier n’attend que ça. Il saute sur sa proie en un rien de temps. Cette dernière prend ses jambes à son cou et s’enfuit. Spox aboie pour signaler sa présence au Maître et aux autres chiens.
Traquer, débusquer, rapporter. Il court pour rattraper le fugitif. Ses longues pattes puissantes lui permettent d’avancer très vite et il arrive presque à la hauteur de Fox. Mais soudain le chasseur arrive de son destrier, fusil à la main. Son Arabe galope encore plus vite que les chiens et le traqueur se met en suspension, ajuste son fusil, puis vise en direction du renard en face de lui. C’est difficile de tirer du haut d’un cheval, mais le Maître est un bon cavalier. Il tire. La balle frôle Renart mais ne l’atteint pas et celui-ci prend peur, détale comme un fou. Les chiens et le cheval redoublent de vitesse. Traquer, débusquer, rapporter. La proie est désormais dans la pairie, à découvert ; elle n’a même pas remarqué qu’ils ont largement dépassé le sous-bois.
Les coups de fusils redoublent et il cherche désespérément un terrier où se cacher.
Mais la prairie est plate et vide et ne recèle aucune cachette. Mais, par bonheur, Fox aperçoit un très gros arbre. Il saisit sa chance et s’élance vers cette ultime tanière.
Un trou est percé dans le bas du chêne ; il rentre dedans, lève la tête et voit que le tronc est creux ! Il grimpe et atteint la cime de l’arbre. Il saute sur une branche en retrais et regarde en bas. Les chiens creusent sous l’arbre mais ne trouvent rien ; le chasseur rougit de colère.
Au bout de dix minutes, la meute et son maître partent. Fox descend prudemment. Puis il se dirige vers le château. Il y a toujours à mangé dans le sous-bois. L’animal court vers le Nord, atteint la lisière de la forêt. Et c’est là qu’il voit la jeune fille. Elle l’envoûte littéralement et, hypnotisé, il s’avance vers elle puis se couche à ses pieds, soumis mais heureux.
Une heure plus tard, il est dans la même position mais au chaud, dans un hôtel. La fille-aux-grand-yeux-comme-l’-océan écrit quelque chose. Ou fait des griboullis. De toute façon, Fox ne comprend pas. Il y a eu un bip ! quelque part. L’hypnotiseuse se lève et le renard râle de mécontentement. Il voulait qu’elle reste avec lui ! Mais lorsqu’elle disparaît dans le couloir, des coups sont frappés à la porte. D’un bon, le mammifère se relève et grogne tel un chien de garde. Il a vu ses traqueurs faire ça très souvent. Mais les coups redoublent de vigueur, et on entend un clic, clic ! métallique, tel une arme à feu qu’on charge …
PDV Heïdi
Journal,
Comment pourrais-je aimer cette peste ? Franchement. Elle est si … agaçante et … perturbante ! Carles me dit que je suis jalouse. Coco bel œil, tu te fourres le doigt dedans. Enfin, Coco bel œil … Pas autant que ça. Ce poireau séduit sans s’en rendre compte. Mais ce qui m’intéresse, c’est son pouvoir. Oh, oui, mais ça je vais en parler après. Le nouveau est quelqu’un de très mystérieux. Le Maître désirait quelqu’un au pouvoir très puissant qu’il connaissait déjà depuis longtemps à ce qu’il disait. Quand il est arrivé, Aro l’a salué, même pas sondé. Ils se sont serrés la main, comme de vieux amis ; ils ont vaguement discuté d’une fille, dont je n’ai pas saisis le nom ; Carles a baissé la tête, triste, puis la mari de Jane lui a chuchoté quelque chose à l’oreille et le nouveau a relevé la tête, les yeux brillants. Il a hurlé de joie.
En fait, j’ai rien compris à ce qu’il s’était passé.
Bref. J’ai été surprise que Félix m’embrasse, parce que même si on a couché ensemble, il savait que pour moi c’était juste du plaisir, rien d’autre. Après qu’il m’ait fait ça devant la garce, je me suis dis qu’il voulait peut-être recommencer ! Alors une fois toute la pagaille qu’a provoqué le départ de la Cullen et de la fille du Maître, je suis allée dans sa chambre et … ce qu’on a fait ensuite a confirmé ce que je pensais.
J’avais quand même Carles dans la tête. J’aimerais bien qu’il m’embrasse lui aussi, et pas seulement parce qu’il est beau – que dis-je, extraordinairement beau. Plus beau que Dimitri ? me chuchote une petite voix. Oui … Et pourtant Dieu sait comme mon Super-Mâle est craquant. D’ailleurs il a disparut de la circulation sans laisser de trace et Aro a dit qu’il était mort. Mouais, je n’y croit pas trop.
En partant, Renesmée – pouah, même l’écrire me donne des frissons de dégoût – a tout chamboulé ; Félix avait, une heure plus tôt, entraperçu la voiture des deux femelles Cullen, Bella et Rosalie ( pouah à nouveau ). Il avait prévenu le Maître et une heure plus tard il avait fait poursuivre les intrus par des novices. Ces bêtas sont revenus bredouilles. Donc, au cas où, le chef a envoyé sa fille et la prisonnière en Corse. Personnellement, j’aime bien la Corse, j’y suis allée souvent et c’est assez agréable … Enfin, je m’éloigne là.
J’ai oublié : Le pouvoir de Carles. En fait, vraiment, au delà du fait qu’il soit un Dieu vivant sur Terre, c’est son pouvoir qui m’intéresse. Parce qu’on ne sait jamais ce qui adviendra ; je préfère donc qu’il m’offre son pouvoir à MOI et à personne d’autre. Car Carles ressuscite les morts. Sa vie contre celle d’un autre.
Heïdi